lundi 15 décembre 2008

Sur les chemins de Canterate. Deuxième épisode. Et maintenant Gwendoline était son amie....

Gwendoline devait avoir moins de trente ans, elle ne causait pas beaucoup, peut-être n’était-elle pas encore en confiance, elle avait depuis longtemps oublié dans ce village qu’il existait partout ailleurs des personnes qui vivaient autrement qu’elle. Et souvent elle n’osait pas s’ouvrir, c’est pour cela que depuis la minute précise où elle s’adressa à Luc, elle n’avait rien dit ni sur elle, ni sur son village, ni sur personne d’ailleurs. Alors pourquoi avait-elle accepter si rapidement de venir prendre un café avec lui. Pour Luc tout cela lui paraissait totalement naturel et évidemment il ne pouvait comprendre que si tous les deux ils s’étaient retrouvés là, précisément à ce moment là le mardi matin c’est qu’il n’y avait aucune raison qui aurait pu les empêcher de se rencontrer.

Luc pensait de nouveau à ce qui lui était arrivé depuis sa sortie officielle, c’est à dire maintenant depuis exactement vingt-quatre heures, il avait pris un taxi, puis était allé directement à la gare, avait pris un billet de train, cinq cent vingt kilomètres exactement vers le sud, il était arrivé dans l’après-midi, avait marché longuement, et pour finir il était entré dans un grand bois et s’était endormi au pied d’un grand arbre, la nuit était vite arrivée, il faisait chaud ce soir là et étant donné la fatigue et le bonheur qu’il ressentait à l’idée de pouvoir aller où il voulait sans frontières, sans limites : la liberté en somme de faire ce qu’il n’avait pu faire depuis des années. Cela ne peut s’expliquer autrement , car ce bonheur ne peut arriver que dans cette situation, ne plus rien avoir derrière soi et seulement avoir l’avenir illimitée devant.

Cela ne peut vous arriver que dans des situations bien précises et Luc en est conscient, bien qu’un peu assommé partout ce qu’il lui arrive il sait que tout pour lui peut lui sourire. Il l’a appris pendant ces longues années, replié sur lui-même à faire la part des choses, et cela il ne l’avait jamais compris avant.

Il finissait de manger ses tartines beurrées recouvertes d’une épaisses couches de confiture de fraises quand brusquement la porte d’entrée s’ouvrit, la préposée de la poste du village voisin déposa, après avoir dit son traditionnel : « Bonjour, messieur’dames. » avec un accent un peu parisien, un paquet énorme sur la table qui restait vide.

La patronne du lieu qui ne tarda pas à apparaître dans l’encoignure de la porte du fond et se dirigea directement vers elle :

« - un colis en recommandé pour madame Dufaux Germaine, dit d’un air gaillard la préposée, en reprenant le paquet et en lui remettant dans les mains

- Je vais signer, car ma mère n’est pas là aujourd’hui et ce colis elle l’attendait depuis plus de trois semaines, vous comprenez, ici ce n’est pas toujours marrant de faire ses achats. ... et ainsi de suite .. ! »

La porte se referme et à nouveau nous nous retrouvions Gwendoline, Luc et la patronne qui s’approcha de la table et dit : « - pour une chambre c’est possible, nous avons deux chambres indépendantes que nous louons, ma mère et moi à la semaine, pour le prix, c’est moins cher qu’en ville, on peut aussi vous donner le couvert le soir si vous le désirez.

- c’est d’accord , je resterai une semaine et après je verrai, ils sortirent tous les trois dans la rue, Gwendoline le remercia et regagna sa maison tranquillement tandis que Luc alla voir sa chambre qui se trouvait à deux pas de là, dans la petite rue à droite derrière le café. Ils ouvrirent la porte qui donnait directement sur le trottoir et pénétrèrent dans une grande entrée qui donnait elle-même sur un long couloir très fortement éclairé par une grande baie vitrée qui donnait sur un grand jardin derrière lequel on apercevait déjà les contreforts rocheux dans lequel le village était venu s’installer. Il découvrit sa chambre très coquette, une porte donnait sur une sorte de petit balcon sur lequel était installé une table de plastic de couleur vert anglais avec deux fauteuils assortis. Cela devait servir, l’été aux touristes de passage sans doute. La salle de bains donnait sur le couloir et était vraiment de conception très récente. Il prit congé de la propriétaire et s’allongea sur le lit afin de pouvoir faire le point. Il s’aperçut que la literie était elle aussi très récente et en parfait état.


Il était déjà plus de dix heures du matin et Luc pensa soudain qu’il ferait bien de se prendre une bonne douche, ce qui certainement l’aiderait à éclaircir un peu ses idées. Il repensa soudain à Gwendoline, qu’était-elle venu faire à sa rencontre et pourquoi avait-il eut cette chance ?

.

Il ouvrit la fenêtre pour aérer sa chambre et profiter de cette belle matinée. Il s’aperçut qu’elle était bien orientée à l’est et qu’ainsi il pourrait se réveiller le matin avec les premiers rayons du soleil. C’est pour Luc une chose très importante, en effet là d’où il venait, il ne l’avait pas vu souvent le soleil se lever. Il posa son sac sur la table et en sortit tout ce qu’il possédait, un peu comme pour prendre possession du lieu. Il mit son réveil sur la petite table de nuit à gauche de son lit, prit sa trousse de toilette et commença à se dévêtir devant la grande glace qui se trouvait en face de la fenêtre, il chercha au fond du sac les quelques sous-vêtements qui lui avaient été remis lors de sa sortie.

Plus il se regardait et plus il pensait que son corps avait réellement changé, il allait même jusqu'à ne plus se reconnaître. Pourtant c’était bien lui : Luc Sauveur, 1 mètre 76, 36ans. Seulement une chose avait changé pendant ces dix années d’inactivité : son corps n’était plus le même, ses lignes s’étaient arrondies, lui qui était si mince à vingt ans se trouvait pour la première fois devant sa vraie image sans contrefaçon. Il lui fallu un bon moment pour qu’il s’habitue. Il entra dans la douche, ouvrit les robinets au maximum et laissa couler l’eau sur sa peau en éprouvant une véritable sensation de bien-être, un peu comme s’il venait de diluer toutes ces années dans des centaines de litres d’eau. Puis l’eau devint progressivement tiède, puis froide. Il finit par rincer la mousse du savon qui lui restait sur la peau à l’eau glacée. Il avait vidé complètement le ballon d’eau chaude....

Il attrapa la grande serviette blanche qui lui avait été remise, et .....// à suivre bien sûr prochainement

mercredi 3 décembre 2008

Sur les chemins de Canterate. Premier épisode


Lorsqu’il découvrit au petit matin le site merveilleux dans lequel il venait de passer sa première nuit de liberté, il n’eut pas de mal à comprendre ce qui lui était arrivé durant ces dernières années. Il ne tenait pas trop à en parler, surtout avec les gens qui auraient pu le prendre pour un fantaisiste.

Sa première réaction après s’être longuement étiré et avoir, avec admiration regardé autour de lui cette brume qui enveloppait encore tout le paysage, fut de reprendre son sac de toile sur lequel il avait posé sa tête toute la nuit, en veillant attentivement à ce que les quelques objets qu’il possédait ne le gênent pas dans son sommeil.

Il n’avait , pour toute fortune que ces quelques affaires qui lui avait été remise lors de sa libération, mardi matin. C'était bien ce mardi matin, oh combien attendu depuis des années, c’était bien cela la fin d’un long cauchemar qui avait duré, duré des années sans en voir réellement la fin. Et puis brutalement il fallait tout quitter, ses habitudes, ses cauchemars, ses rêves...

La grande porte s’ouvre sur un espace mille fois appréhendé sans jamais en croire l’existence. Et pourtant.... !

Maintenant il fallait absolument se réveiller, sortir du songe et ne penser qu’à aujourd’hui, hier c’était fini, le passé ne devait plus resurgir dans ce qui allait se passer dans les jours prochains. Demain ce serait autre chose, le monde aura changé, mais brutalement les idées de ce monde nouveau traversèrent sa tête : « qu’allait-il trouver, aujourd’hui dehors ? ». Ce qu’il avait quitté il y a dix ans, il ne le retrouvera jamais, il avait dans sa situation des difficultés pour repenser à toute cette période difficile et surtout il se demandait toujours pourquoi il en était arrivé là, à ce point critique de non-retour.

Dix années étaient passées comme cela tout simplement, en quelques minutes tout s’était renversé et cela était apparu brutalement comme une chose nécessaire, nécessaire à quoi, cela je ne sais toujours pas et il n’est pas facile d’en parler.


Il chercha dans son sac son petit réveil qu’il avait gardé depuis le départ, un réveil comme certainement on n’en voit plus beaucoup, il l’avait avec lui depuis des années, ce genre de réveil avec lequel de nuit comme de jour on voit les chiffres qui défilent et qui vous fait prendre conscience que le temps passe, passe tout simplement, les minutes défilent, les heures défilent, les jours puis les années... Et soudain on se retrouve là assis dans l’herbe encore mouillée du matin, face à soi-même, seul comme au départ, devant son avenir .

Et pour lui, à cette heure matinale, il lui fallut beaucoup de courage pour se mettre sur le chemin qui avait l’air de descendre vers le petit village encore endormi. Il marcha les quelques kilomètres qui le séparaient des premières maisons encore en ruines, celles que personnes sans doute n’avaient voulu occupées tellement la tâche devait être grande pour les remettre en état. Le petit panneau bleu à l’entrée du bourg indiquait le nom du village, il était tellement ancien que l’on avait peine à lire le nom « B.U.Z .Y. » et les restes de végétation qui le recouvrait partiellement montrait bien que le temps avait fait son œuvre.

Il trouva dans le centre du bourg un petit café, ou tout au moins ce qui avait été auparavant un café, les vitres étaient assez sales, et lorsqu’il essaya de jeter un coup d’œil à l’intérieur il entendit une petite voix féminine qui l’interpella, elle lui sembla lointaine et venir du fond de la boutique. Il s’aperçut qu’il avait besoin de reprendre contact avec ses sens. Soudain il se mit à rire, se retourna et vit juste à côté de lui une charmante jeune fille qui lui demanda pour la deuxième fois « Vous cherchez quelqu’un, Monsieur. je m’appelle Gwendoline, et j’habite dans la petite maison à la sortie du village. »

Il eut une hésitation et ne tarda pas à se présenter : « moi, c’est Luc, bonjour, il y a quelqu’un dans cette maison, est-ce encore le seul café du village .» . D’un geste elle passa devant, poussa la porte, une note agréable se fit entendre qui lui rappela les clochettes qu’il y avait derrière les portes des petites épiceries. Ils se retrouvèrent tous les deux dans une grande pièce vide avec deux tables sur la gauche, quelques chaises usées par le temps et de grands bancs de bois rangés le long du mur. Au fond de la pièce deux grandes portes donnant l’une sur un couloir et l’autre sur une grande cour intérieure.

« Vous désirez ! ... », questionna une grande dame auquel personne n’aurait pu donné un âge précis . Elle s’approcha de Gwendoline qui à première vue était très intime avec elle . Luc s’approcha, lui serra longuement la main et finit par lui adresser la parole, ce qui, pour lui, était encore très difficile : « Bonjour Madame, connaissez-vous des chambres à louer dans le village ou aux alentours ? »

Elle les invita à s’asseoir en leur demandant :

« Que prendrez-vous ? Puis-je vous offrir un grand café ?. » A ces mots ils allèrent directement à la table près de la fenêtre et Luc posa son sac sur la chaise. Ils confirmèrent leur désir de prendre un bon café en insistant : « - Pour moi ce sera un grand café et des tartines beurrées, et de la confiture et pour vous Gwendoline, que désirez-vous ?.la même chose, pourquoi pas !.dit-elle de sa petite voix hésitante. »

Aussitôt dit, la grande femme dont on ne connaissait même pas le nom ni le prénom était partie vers ce qui semblait être son arrière cuisine. Elle ne nous avait même pas répondu à la question qui était primordiale et qui allait peut-être permettre à Luc de rester là quelques jours , voire même quelques mois.

Elle ne tarda pas à réapparaître, un grand plateau de bois sur les avant-bras qui témoignait de son habitude à servir, elle déposa sur la table après avoir essuyé d’un geste souple la vieille toile cirée qui devait être là depuis plusieurs années, tout ce qu’elle nous avait apporté, deux grandes tasses jaunes avec de petits motifs floraux bleus, un grand pot de café noir en inox comme l’on trouvait autrefois dans les cantines scolaires, des sucres emballées dans des petits papiers représentant les grands musiciens de la renaissance, un petit pot de lait en faïence blanche, et le plus important : quatre grandes tartines beurrées qui paraissaient à première vue immenses, la confiture était encore dans le pot avec dessus une étiquette sur lequel figurait tout simplement « fraises juin » la date était effacée ou tout du moins illisible....


G
wendoline devait avoir moins de trente ans, elle ne causait pas beaucoup, peut-être n’était-elle pas encore en confiance, elle avait depuis longtemps oublié dans ce village qu’il existait partout ailleurs des personnes qui vivaient autrement qu’elle.

A suivre bien sûr...

mardi 2 décembre 2008

Un livre, c'est quoi ?


Un livre…ce n’est que du texte, Ecrit par un être humain, Pour un semblable Avec ce qu’il est, Sa tête…avec ce qu’il y a dedans ! Et puis ses tripes…si on veut ! Ce n’est pas plus que ça, Ni moins que ça, Un livre !

à suivre....

Bientôt ici " les chemins de Canterate" en réedition

par Leinad Lassedera

6 années plus tard ...Le blog continue...

Des projets d'écriture...pour 2015

" Tout sera dans le livre...!"