samedi 29 août 2009

Les chemins de Canterate (4ème épisosode)


« alors, racontez-moi un peu ce qu’il vous est arrivé ? » lui suggéra brutalement Gwendoline, en allant droit au but. De cette manière elle pensa que Luc serait plus à l’aise pour formuler sa réponse.


« Ce qu’il m’est arrivé ! » répondit Luc, un peu surpris par la question brutale qui venait de lui être posée, lui qui s’était bien juré de ne rien révéler de sa situation afin de rester libre de ses actions futures, et ne pas être marquer en permanence par son passé qui de toutes les façons l’avait meurtri à jamais.
Il répéta : « Ce qu’il m’est arrivé, je préfère sincèrement ne pas évoquer cela aujourd’hui, si vous me le permettez , je sors d’un mauvais rêve c’est a peu près tout ce qu’il m’est possible de vous dire et je suis tellement bien là, en face de vous avec ces conditions exceptionnelles, la chance que j’ai eu, ce matin en vous rencontrant en arrivant dans votre petit village, et puis cette chambre tranquille qui va me permettre de rester un peu dans ce pays si accueillant. Et puis cette saison qui s’annonçait si douce, tout cela vous voyez, c’est un peu pour moi comme un don du ciel…. » Il parlait, parlait et Gwendoline avait les yeux rivés sur ses lèvres ne sachant plus que répondre, elle savait qu’elle l’avait heurté au plus profond de lui-même en l’attaquant de front, cela ne se faisait pas, et elle commençait à regretter sa trop grande franchise. Elle se demanda comment rattraper simplement la conversation, une idée lui passa par la tête : « Au fait, ce soir il y a une réunion entre amis à neuf heures pour préparer une rencontre d’échanges dans un petit village voisin, si cela vous dit , je passe vous chercher et comme cela vous ferez connaissance avec les gens du coin. »
Luc, à l’idée de rencontrer des gens nouveaux, était heureux. Et il se dit enthousiasmer par cette idée . Il continuèrent à échanger quelques idées sur la vie au pays et Luc, s’apercevant qu’il était déjà quatre heures, se leva et régla le prix de son repas. Il s’approcha de Gwendoline et lui dit : « vous voyez, je viens de passer un des meilleurs moments de ma vie, et je vous prie de m’excuser pour tout à l’heure, j’ai été un peu brutal, mais vous comprendrez un jour ce qui ce passe en moi. Allez à ce soir, neuf heures comme convenu . » Ils se firent de grands sourires et se quittèrent en se donnant rendez-vous à neuf heures. Sur le chemin du retour, Luc pensa à ce qu’il venait de lui arriver et se disait qu’il serait désormais face aux autres, seul avec son passé et que chaque fois il se verrait dans la même situation , devait-il le dévoiler au premier venu sous peine de paraître mystérieux ou devait –il tout simplement à chaque fois détourner la conversation vers d’autres sujets ? Combien de temps tout cela pouvait-il durer, et jusqu’où pouvait-il tenir lui-même ? Cela il n’en avait aucune idée précise.
Il traversa, malgré la chaleur, d’un pas alerte le village et ne tarda pas à arriver à sa chambre , il tourna la clef dans la serrure de la porte, et fut agréablement surpris par la fraîcheur qui régnait dans le bâtiment, il ouvrit la porte de sa chambre et se dirigea vers le lit pour s’y étendre après avoir plié délicatement le couvre-lit, et après encore quelques idées qui lui revenaient en mémoire il finit par sombrer dans un profond sommeil .
Lorsqu’il se réveillât, son premier regard fut pour son réveil qui avec son tic-tac assez bruyant avait l'air de le rappeler à l'ordre : il était bientôt sept heures, et sa journée était passée comme cela, très rapidement, il se déshabilla rapidement, et se mit sous la douche presque froide, il était de nouveau attiré par l’image de son corps, et se regardait sous tous les angles devant la glace qui lui renvoyait une image de lui qu’il avait eu tendance à oublier, il se trouvait encore assez beau garçon et pensa soudain qu’il pouvait encore séduire, ce qui ne lui était pas venu à l’idée depuis très longtemps. Il s’essuya hâtivement en s’assurant de bien sécher toutes les parties de son corps, puis enfila sa chemisette , son slip et son pantalon, puis termina de se raser.
Il prit son porte-monnaie et ses papiers et sortit pour faire la découverte de l’autre partie du village, il passa devant la boutique de sa loueuse qui lui dit : « alors, vous avez fait le tour du village, Monsieur Luc. »
Il s’approcha d’elle et lui dit « Pas encore mais cela va venir, j’ai le temps, et puis il fait si chaud. Au fait ce soir, je prendrait mon repas si cela est possible vers huit heures. »
« Pas de problèmes, il y a toujours quelque chose à manger pour nos pensionnaires, lui répondit-elle, et puis pour vous ce n’est pas pareil, vous venez ici pour y rester à ce que je vois. »
A ces mots , Luc sembla surprit et dit « Bon à tout a l’heure » et il prit congé. Le tour du village fut vite fait, il croisa Gwendoline qui se dirigeait vers ‘’ le Jasmin Bleu ‘’ pour y reprendre son service, ils se sourirent, puis il passa devant une petite épicerie, tabac, quincaillerie qui avait l'air de tout faire même les journaux y compris la librairie. Il entra, acheta le journal local du jour et sortit immédiatement tant il faisait chaud dans cette boutique.



Luc découvre en sortant de l'épicerie - tabac qu'il y a bien une dizaine de petites ruelles étroites qui ont toutes l'air de converger vers une petite place centrale. Tous les bâtiments construits ont un rez-de-chaussée qui devait servir aux animaux et deux niveaux d'habitation . Tous les volets y sont soigneusement fermés, montrant l'inoccupation des locaux. Il aperçut sur la première maison une plaque ancienne sur laquelle était écrit: "Rue Pierre Loti", il continua son chemin et découvrit à quelques cent mètres de là cette ancienne halle en très mauvaise état ne servant sans doute plus à ses buts initiaux. Il y avait plusieurs personnes âgées qui discutaient, assises sur un banc de pierre, en attendant l'heure de la soupe, des enfants à bicyclette s'amusaient à faire le tour de cette toute petite place. Ce qui étonna le plus Luc, c'était l'absence de voiture et par là même de toutes ces nuisances occasionnées par leur présence, il est vrai que l'accès y était difficile voire presque impossible vu l'étroitesse des ruelles qui la desservait. Il trouva un banc resté libre, s'assit et déplia son journal, y lut rapidement les grands titres, s'arrêta sur les nouvelles locales, sans y trouver une réelle attention, il préféra de loin observer de nouveau ces enfants, qui imperturbablement tournaient à grande vitesse en criant de temps en temps des mots qui pour Luc, ne signifiait rien.
Il regarda sa montre et comprit soudain qu'il était temps pour lui de rentrer, son dîner devait l'attendre, en effet ,à peine était-il debout qu'il entendit égrener les huit coups de l'église. Il se dirigea d'un pas rapide vers son auberge, poussa la porte et tout de suite on l'invita à passer à table. Il alla se laver les mains rapidement et se retrouva devant une assiette de soupe de légumes fumante et odorante comme il aimait. Son repas du soir fût rapide, il ne pensait plus qu'à une chose: sa soirée chez les amis de Gwendoline. Luc but son café d'un trait, se leva, prit congé en disant "bonsoir Messieurs Dame, bonne soirée" puis se dirigea vers la porte d'entrée, il sortit et marcha en direction du " Jasmin Bleu". Il était déjà plus de neuf heures et il aperçut Gwendoline qui l'attendait, assise au volant d'une 2cv grise, vous savez, celle qui ont les deux gros phares devant, elle ne devait pas être toute jeune cette voiture. "Montez, lui dit-elle, c'est à quelques kilomètres d'ici et nous devons passer prendre Claude et Julia, des amis qui habitent une ancienne ferme isolée à la sortie du village"
Luc monta à côté d'elle et claqua d'un coup sec la portière, le moteur se mit à ronfler et voilà on était sur la route. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas voyagé dans une 2cv, et cela lui rappela soudain que sa première voiture avait été la même, il y avait maintenant plus de vingt ans .
Gwendoline s'était délicatement parfumée et une odeur vanillée flottait dans l'air, elle n'arrêtait pas de parler, c'était un flot ininterrompu de paroles, et Luc avait du mal à suivre le fil de la conversation. Lui qui était habitué à ne plus converser pendant des heures et des heures se trouvait là comme submergé. Il essaya de faire le point dans sa tête, mais n'en eu pas le temps, déjà nous étions dans la cour de la ferme, Claude et Julia étaient montés derrière, la voiture était chargée au maximum, les présentations se firent simplement, Claude était assez timide, alors que Julia était parti dans une discussion avec Gwendoline, on devinait clairement qu'elles se connaissaient bien toutes les deux, à leur manière de parler sans équivoque.
"Luc, nous devons vous expliquer un peu où nous allons et ce que nous préparons pour la fin du mois, ici depuis maintenant une année nous nous retrouvons entre amis dans un groupe appelé "Sel de la Vallée" cela signifie système d'échange local. Nous avons deux réunions par mois qui nous permettent de recréer une vie locale, un peu comme autrefois. Vous comprendrez vite, vous verrez l'intérêt du système, surtout pour les nouveaux arrivants comme vous. Ici ce qui manque le plus c'est l'argent, il y a beaucoup de choses à faire, mais personne n'a d'argent pour le faire, alors il a fallu inventer d'autres façons d'y arriver."
Julia, insista sur un point précis "Nous ici on est un peu les pionniers en tout, il y a huit ans de cela lorsque l'on est arrivé, il n'y avait plus rien qui tournait rond dans le coin, on a vite pensé à retourner d'où l'on venait et puis on s'est accroché, c'était dur à l'époque, maintenant il y a quelque chose de nouveau qui nous a fait renaître, un sentiment d'être utile à quelque chose, d'être utile à ceux qui arrivent, et oui, depuis trois ans il y a des gens qui s'installent de nouveau dans le coin et on parle de rouvrir une école, c'était impensable au début."
On arriva dans un petit hameau, où déjà plusieurs voitures étaient garées devant un grand hangar agricole....


A suivre très bientôt

.

mercredi 1 avril 2009

Mais où est donc caché Charlie ?


Bon , sérieux tout a commencé par un drôle de plan...Sacré Charlie, il en a toujours de bonne celui-là...!

- Et oui, tu as son adresse, j'espère...me demanda-telle.

Bon on se fait une petite bouffe légère et puis on y va ce soir ...!!!

- Quoi il est trop tard...déjà ! Tu plaisantes , Charlie, ne se couche jamais de bonne heure.

Et puis on est pas samedi ... Il est peut-être pas chez lui...

- Bon et puis quoi encore ...Tu me dis que c'est le premier avril...C'est encore une farce de mauvais goût... rajouta-t-elle avec un ton incisif.

- En effet ce goût bizarre c'est quoi ? du gingembre avec des huitres ...encore une drôle de préparation avec de la corme de rhinocéros et de la défense d'éléphant... Tu en a de drôle , Toi, avec tes aphrodisiaques africains.

- Vraiment bizarre , t'as acheté cela sur le Wouebbe...de Babylone...?

- Bon allez on fait un essai et si çà marche on en recommande dès demain matin ... Allez viens juste avant de partir chez Charlie, après il sera trop tard quand on rentrera...Et oui, demain je travaille...!

- mais demain ce sera le 2 déjà ...alors trop tard pour faire cette blague à notre pote Charlie...Bon c'est vrai qu'à 92 ans il en aurait besoin...mais il dit qu'il coure encore comme un lièvre au milieu des champs... Tu penses que çà marchera avec lui...

- Tiens le téléphone qui sonne ...!!!C'est qui ? réponds vite.

- C'est Charlie qui dit qu'il ne faut plus lui envoyé de cette saloperie de cacheton bleu...il préfère les suppositoires ...Et oui à son âge...!!!

- Bon allez raccroche et puis viens on se couche ... Ce coup-ci...si tu veux faire l'amour c'est tout de suite ou rien du tout pour ce premier avril, il est déjà 23h30...et en effet ce n'est pas une blague.

- Quoi tu es déjà au lit ?

- Mais non je t'attendais, j'ai une envie folle de Toi...

- Alors ?

- Alors quoi ?

- Mais qu'est ce que tu fais ?

à suivre....

Bonne nuit à Tous.





Les chemins de Canterate ( la suite 3ème épisode...)


Suite........Il attrapa la grande serviette blanche qui lui avait été remise, ....

et il se frictionna le dos avec, puis il décida de se raser de prêt, sa barbe était en effet très épaisse, cela ne prit que quelques minutes, il s’habilla rapidement, jeta un regard sur son réveil : il était resté plus de trois-quarts d’heure sous la douche, cela ne lui était pas arrivé depuis une éternité.


IIL lui fallait maintenant aller voir un peu le village, si village il y avait. Il sortit de sa chambre, donna un tour de clé, la mit dans sa poche et repassa devant le café, il y avait deux voitures de garer le long du trottoir et quelques clients qui avaient l’air de prendre l’apéritif, par la porte grande ouverte l’on pouvait entendre quelques conversations animées et il reconnut la voix de la patronne qui s’affairait derrière son comptoir.

Les douze coups de midi ne tardèrent pas à résonner du clocher de l’église voisine. Une église qui à première vue n’avait aucun signe particulier, si ce n’est l’état de vétusté de sa toiture qui aurait certainement besoin d’être refaite afin d’éviter tout accident.


Il continua son chemin, passa devant plusieurs anciennes boutiques transformées en logement et il se dirigea vers ce qui lui semblait être la grande place du village. Il devait y avoir eu, à une certaine époque une population très dense dans ce village, alors qu’aujourd’hui comme un peu partout en province il ne reste que des personnes âgées ou alors des « retour à la terre » comme ils disent. Des jeunes qui ont quitté la ville à cause des conditions difficiles de vie, sans argent et sans travail.


Très vite il s’aperçut qu’il sortait déjà du village, à l’opposé de la petite route qui l’y avait amenée. Il passait devant un grand mur de pierres, recouvert par endroit d’une épaisse couche de lierres, puis plus loin par un vieux portail rouillé il aperçut au bout d’une allée quelques vieilles tombes : c’était le cimetière . Il fit encore cinq cent mètres et s’apercevant de la chaleur qui régnait sur cette route décida de retourner au village. Il avait une idée derrière la tête et surtout une faim qui commençait à lui tenailler l’estomac.


N’avait-il pas aperçu au fond de la place quelques tables dressées sous une tonnelle de fleurs, à coté de deux vieux platanes plus que centenaires.


Il se dirigea directement vers cet endroit en pensant qu’il pourrait certainement y manger quelque chose. Un petit panneau à droite de l’entrée indiquait simplement : restaurant, menu du jour ; au dessus, en vieilles lettres de fer forgé toutes rouillées : AU JASMIN BLEU . Une bonne odeur de cuisine et de fleurs se mélangeait dans l’air et plus Luc s’approchait plus il commençait à rêver . Il s’assit sur une chaise de rotin qui semblait être là attendant une seule chose, comme s’offrir à lui, parmi les chaises de jardin qui semblaient être repeintes de neuf, il faut dire que le printemps avait eu l’air d’enjoliver toute cette terrasse.

Quelle fut sa surprise lorsqu’il vit apparaître une charmante jeune fille et qu’il s’aperçut soudain que c’était tout simplement Gwendoline, habillée tout de blanc avec son petit tablier noir très strict. Luc se sentit pris d’un sentiment de joie et de stupéfaction, elle s’approchait de lui en lui faisant un gracieux sourire et ne tarda pas à dire : « Que notre monde est petit, vous verrez, ici nous vivons dans une sorte de microcosme, depuis ce matin j’ai longuement pensé à notre prochaine rencontre sans pourtant y croire. Mais quand j’ai entendu que quelqu’un approchait de la terrasse, par la fenêtre entrouverte j’ai soudain pensé à vous... »


Luc, qui était le premier surpris ne savait que dire ,et commença à s’égarer dans des explications des plus anodines : son installation à la pension de famille, sa chambre qui lui convenait parfaitement, sa ballade interrompue par la chaleur ...Puis ses yeux revinrent vers Gwendoline qui lui tendait une sorte de carte : « Le menu du jour, annonça-t-elle. »

Luc était heureux, cela se lisait sur son visage et les sourires échangés avec Gwendoline montraient clairement la naissance d’une sincère amitié entre eux. Pourtant ils ne s’étaient vus pour la première fois que quelques heures auparavant et à les voir on pouvait penser qu’ils s’étaient toujours connus.

Elle revint prendre la commande, en apportant la traditionnelle carafe d’eau et le panier de pain tout frais coupé, ils échangèrent quelques propos sur le lieu et Luc lui demanda :

« depuis combien de temps travaillez-vous ici dans ce restaurant ? »

« c’est la deuxième saison que je fais ici, et dans cette région le travail n’abonde pas, répondit-elle, vous comprenez, nous sommes quand même à l’écart des grands axes . »

« bon alors, j’hésite repris Luc en ouvrant pour la troisième fois son menu, je prendrai bien une soupe de pays mais il fait si chaud, et bien allons pour une soupe de pays et le reste du menu du jour : crudités, salade et poulet basquaise et puis un quart de vin rosé du pays si vous avez ? »

« Bien sûr que l’on a du vin rosé, ce serait malheureux avec toutes les vignes que nous avons aux alentours, allez un rosé bien frais, cela vous remettra du coup de chaud que vous avez eu en venant ici. Et puis, après mon service, si vous le désirez, j’aimerais parler un peu avec vous, ce n’est pas tous les jours que nous avons de nouvelle tête au pays, comme je vous le disais ce matin, on a un peu l’impression de tourner en rond ici. » puis elle parti de nouveau chercher la commande, alors que plusieurs personnes venaient d’entrer dans la salle en faisant un vacarme un peu inhabituel dans ce lieu si calme. Luc était tellement occupé par sa conversation qu’il ne les avait même pas vu arriver.

Elle lui apporta un pichet de terre cuite pour garder sans doute la fraîcheur au vin et une grande soupière ancienne toute décorée et très chaude et lui souhaita un bon appétit

Elle devait être très occupée par sa grande table, depuis plus d’un quart d’heure on ne l’avait vue réapparaître et la table restait embarrassée par la soupière et l’assiette sale. Elle arriva soudain avec un grand plateau de crudités, qui à première vue, paraissait gargantuesque . Cela faisait sans doute partie du menu. Elle disparut de nouveau alors qu’un jeune couple arrivait avec un petit bébé, ils s’installèrent à l’ombre d’un gros arbre de la terrasse en recherchant un peu de fraîcheur. Ils avaient l’air très pressé et passèrent commande dès la remise de la carte par Gwendoline.

Luc, faisait son premier vrai repas, libre comme vous et moi, il avait quelque chose de plus dans son appréciation, à chaque fourchette qu’il mettait à sa bouche, c’était un plaisir que seules, les personnes ayant connu cette phase difficile par laquelle il était passé, peuvent comprendre. Il rêvait, oui tout simplement il rêvait et n’avait même pas vu que l’on venait de lui retirer son assiette et déjà remis une cocotte en terre avec son plat de poulet basquaise. Il en souleva délicatement le couvercle et un fumet délicieux s’en échappa. Il pensa soudain que vraiment aujourd’hui il avait de la chance, tout lui souriait. Le temps était magnifique, il est vrai que nous nous trouvions quand même dans l’extrême sud du pays et que l’Espagne n’était pas loin. La région lui paraissait hospitalière, ses habitants, pour le peu qu’il en connaissait ,sympathiques, il pourrait sans nul doute envisagé de s’y implanter, de recommencer une vie nouvelle, voir même d’y recréer une famille, ce mot il ne l’aimait pas car pour lui, il y avait bien longtemps qu’il ne savait plus ce qu’il voulait dire. Et puis à quoi bon se faire du mal quand tout peut être simple, tout du moins apparemment simple.

Il appréciait de plus en plus ce repas, allant même à un peu s’enivrer par ce petit rosé du pays, oh quand je dis s’enivrer, le mot est peut-être un peu fort ce serait plutôt se sentir bien dans sa peau, il avait la tête un peu légère, il se resservit un peu de poulet, il avait l’impression que son plat avait été fait pour toute une table, tellement c’était copieux. Il termina la salade et n’en pouvant plus appela la serveuse d’un geste machinal qui le ramena un peu sur la terre. Comme c’était bizarre, il n’avait plus fait ce geste depuis des années et cela lui venait spontanément, comme cela « madame s’il vous plaît, un café et l’addition » et oui après tout ce temps des phrases aussi banales lui étaient restées comme gravées dans la mémoire.

Gwendoline arriva avec son plateau, le café, et avec ses gestes brefs et précis en moins de temps qu’il ne faut pour vous le dire, tout était en place sur la table. « J’ai presque terminé les trois tables, dit-elle et je vous propose de vous rejoindre sur la terrasse dès mon service terminé. Nous aurons le temps de nous causer un peu, si cela ne vous dérange pas , ajouta-t-elle en rougissant un peu. »

« C’est entendu, mais je ne m’attarderai pas trop , si vous me le permettez . » Luc était toujours aussi heureux du moment présent, ce qui se voyait sur son visage, il vivait un des bons moments de sa vie et cela il y avait pensé pendant des mois et des mois et justement il était là ce jour précis : aujourd’hui.

Il dégustait ce café qui pour lui représentait le vrai bonheur. Depuis ce matin il n’avait pas une seule fois penser à ses cigarettes et d’ailleurs en avait-il vraiment besoin ? Lui qui pendant des années n’avait qu’elles comme recours à sa solitude… Fini tout cela, pour combien de temps ? Nul ne le savait.

Gwendoline apparut près de lui et dit en lui souriant « cinq minutes et tout est terminé, j’ai bien mérité de m’asseoir un peu ». Il est vrai qu’elle n’avait pas arrêté une seconde .




Elle vint s’asseoir en face de lui et posa sur la table un plateau avec une grande carafe d’eau fraîche et deux grands verre à eau de couleur bleutée .On avait l’impression que ce moment de détente était fait pour durer et que tout avait été prévu pour qu’il se passe comme un agréable moment de soulagement pour tous les deux.

Luc la remercia de son geste et versa l’eau dans les verres, la chaleur à cette heure avancée de l’après-midi devenait caniculaire et s’il n’y avait pas eu l’ombre de ces gros arbres sur la terrasse , il aurait été complètement insensé d’y rester plus longtemps.

« alors, racontez-moi un peu ce qu’il vous est arrivé ? » lui suggéra brutalement Gwendoline, en allant droit au but. De cette manière elle pensa que Luc serait plus à l’aise pour formuler sa réponse.....


à suivre...bientôt. ici en vous abonnant à la lettre d'info...


mardi 2 décembre 2008

Un livre, c'est quoi ?


Un livre…ce n’est que du texte, Ecrit par un être humain, Pour un semblable Avec ce qu’il est, Sa tête…avec ce qu’il y a dedans ! Et puis ses tripes…si on veut ! Ce n’est pas plus que ça, Ni moins que ça, Un livre !

à suivre....

Bientôt ici " les chemins de Canterate" en réedition

par Leinad Lassedera

6 années plus tard ...Le blog continue...

Des projets d'écriture...pour 2015

" Tout sera dans le livre...!"

Et même des projets pour fin 2022 début 2023...!!!

jeudi 23 octobre 2008

Lundi noir en octobre...

Et oui, commencer une semaine d'octobre par un enterrement, ce n'est pas du tout ce qu'Albert Dieu avait prévu sur son agenda. Mais comme vous le savez tous , la mort vous attend toujours au tournant quand vous vous y attendez le moins.
Revenons donc aux évènements des semaines passées et principalement à la rencontre au début de ce mois d'octobre de la personne qui allait devenir pour moi l'unique raison de vous faire part par écrit de cet évènement.
Il est bien réel pour moi que les enterrements, qu'ils soient de première classe ou tout simplement exécutés dans les plus simples prérogatives, seront toujours difficile d'accès , surtout quand on doit passer deux heures dans une église face à mon homonyme: Dieu et son jugement final...Je vous avais d'ailleurs expliqué dans une de mes nouvelles précédentes tout l'intérêt que je portais sur ce sujet.
Alors revenons un peu à nos moutons et surtout au commencement de cette histoire. Une très bonne amie , me conseilla de rencontrer celui à qui je dédie cette nouvelle, sans jamais bien sûr citer son nom. Ceci uniquement pour qu'il ne soit pas déranger, là où il se trouve actuellement.
Vous comprendrez bien que cette histoire est difficile à narrer vu la rapidité des faits.
En une semaine, je l'ai connu en tout 3 heures et je me retrouve ce lundi devant son cercueil...Allez expliquer tout cela en quelques lignes comme cela à des personnes totalement indifférentes déjà de leurs proches voisins et n'ayant d'autres sujets de réflexion que la crise actuelle ou bien l'augmentation des cours du sucre ou du café sur les marchés mondiaux...

Vous vous imaginez comment tout cela a pu m'arriver: je me retrouve donc avec ma meilleure amie au milieu de plus de 300 personnes, l'église plus pleine que le jour des morts à la Toussaint, la place du village débordant de discours et de discussions en tous genre...Et oui, c'est aussi comme cela la mort , elle permet à beaucoup de se rapprocher, et chacun y va de ses petites ou grosses larmes.

Nous en profitons pour connaitre un peu mieux ce village et la main dans la main nous décidons d'en faire une rapide visite...Il fait très beau et les couleurs d'automne me font penser que dans quelques heures, pour lui ce sera irréversible...la nuit à jamais ... trois pied sous terre. Et oui et pourtant tout le monde l'estimait, on avait tous eu un jour besoin de lui, ou plutôt de ses services...Un dépannage par ci , un coup de main par là ou tout simplement un conseil...

Il ne parlait pas beaucoup, d'ailleurs sur ce que je vous raconte là , je n'ai jamais rien su directement par lui et ses secrets seront bien gardés je vous assure. Une vie de travail , c'est tout ce que j'ai pu apprendre, rien d'autre.Tout un mystère, même ses enfants, tout est mystère, d'ailleurs j'arrive à me demander pourquoi je vous raconte tout cela...?

Ah ...Ca y est j'ai compris que je devais quand même écrire un premier billet sur ce nouveau BLOG...Et oui, Albert Dieu n'a pas encore changé de nom...Je vous l'avais promis lors de l'écriture d'une de mes dernières nouvelles....



Alors ce texte est dédié à lui, que je n'ai connu que trois heures...mais ces trois heures ont plus marqué ma vie que des semaines, voire des mois passées avec d'autres personnes avec qui rien ne fut facile.